jeudi 1 août 2013

La boule d'argile qui devint tasse

Je me rappelle l'époque où, avant d'être une tasse, je n'étais qu'une boule d'argile.

Un jour, mon maître s'empara de moi puis se mit à me frapper de ses mains, à me modeler. Cela me faisait mal et je le suppliai d'arrêter mais

Il se contenta de me sourire en disant :

« PAS ENCORE ! »

J'avais si mal au cœur que je croyais que ma fin était venue.

Heureusement, Il finit par arrêter de me pétrir ! Puis Il me plaça sur un tour de potier et me fit tourner, tourner et tourner encore... Je ne comprenais pas pourquoi il voulait me faire passer par le feu. Alors, je hurlai, je le suppliai d'arrêter, de me faire sortir.

A Travers la porte vitrée, je distinguais encore son visage, et je le vis me sourire et hocher la tête, en disant :

« PAS ENCORE ! »

Puis soudain, me saisissant, le maître se mit à me poncer et à me brosser. Il prit un pinceau et me badigeonna de toutes sortes de couleurs. Les vapeurs étaient si fortes que je cru m'évanouir. Je l'implorai d'arrêter, mais avec le même sourire, il me dit à nouveau :

« PAS ENCORE ! »

C'est alors qu'il me plaça dans un autre four, deux fois plus chaud que le premier. Cette fois, j'allais suffoquer, j'en étais sûre. En larmes, je le suppliai, mais, une fois de plus, il se contenta de répondre :

« PAS ENCORE ! »

À ce moment-là, la porte s'ouvrit toute grande et le maître annonça :

« MAINTENANT ! »

Il me prit sans ses mains et me déposa sur une étagère. Ensuite, Il me tendit un miroir en me disant de me regarder. Je n'en croyais pas mes yeux.

Je m'écriai : « Oh, quelle magnifique tasse ! »

Alors le maître expliqua :

« Je voudrais que tu comprennes : Oui, quand je te frappais et que je te modelais, je savais que cela te faisait mal. Je savais que le tour te donnait des vertiges.
Mais si je ne m'étais pas occupé de toi, tu te serais desséchée, et tu serais restée à tout jamais une simple boule d'argile. Ta personnalité n'aurait pas pu s'épanouir.
Je savais que le premier four était brûlant, mais si je ne t'y avais pas mise, tu te serais effritée.
Je savais que tu étais incommodée par le ponçage et la peinture, mais si je t'avais épargnée, ta vie serait restée sans couleurs.
Et le second four, oh ! je savais bien qu'il te serait presque insupportable ! Mais vois-tu, si je ne t'y avais pas placée, tu n'aurais pas été capable de résister aux pressions de la vie.
Ta force n'aurait pas suffi, et tu n'aurais pas survécu longtemps.
Tu vois, alors même que tout te semblait si difficile, je prenais soin de toi. Je savais ce que tu allais devenir. Dès le premier instant, j'entrevoyais déjà le produit fini ! »

Auteur anonyme 


3 commentaires:

Anonyme a dit…

Les épreuves par lesquelles nous passons ne sont jamais que les étapes envoyées par la Providence pour notre perfection à condition de savoir les accepter; mais, à part quelques êtres d'exception, en voyons-nous un jour le terme sur cette Terre ?

Anonyme a dit…

Bonjour
Très belle histoire de cette tasse sur la souffrance et le positif dans le négatif...
Les commentaires de la personne "anonyme" sont pour la plupart très bien écrits et pertinents.
Félicitations à l'auteur du blog et au commentateur/trice pour tous ces écrits d'une grande profondeur.
Une lectrice
L.........

Siham a dit…

Bonjour Lectrice L :)
Merci infiniment pour votre commentaire et appréciation. La commentatrice anonyme n'est autre qu'une grande amie, pas si anonyme que cela, juste qu'elle a des soucis pour valider un profil sur blogger. En tout cas merci pour elle, il est vrai qu'elle est très assidue et que ses interventions sont très justes.
Excellente journée.