mercredi 25 avril 2012

Le miroir du silence

Un homme très imbu de lui-même fit recouvrir de miroirs tous les murs et le plafond de sa plus belle chambre. Souvent il s’enfermait là, contemplait son image, s’admirait en détail, dessus, dessous, devant, derrière. Il s’en trouvait tout ragaillardi, prêt à affronter le monde.

Un matin il quitta la pièce sans refermer la porte. Son chien y pénétra. Voyant d’autres chiens il les renifla ; comme ils le reniflaient, il grogna ; comme ils grognaient, il les menaça ; comme ils menaçaient, il aboya et se rua sur eux. Ce fut un combat épouvantable : les batailles contre soi-même sont des plus féroces qui soient ! Le chien mourut, exténué.


Un ascète passait par là tandis que le maître du chien, désolé, faisait murer la porte de la pièce aux miroirs.


-Ce lieu peut beaucoup vous apprendre, lui dit-il, laissez-le ouvert.

-Que voulez-vous dire ?
-Le monde est aussi neutre que vos miroirs. Selon que nous sommes admiratifs ou anxieux, il nous renvoie ce que nous lui donnons. Soyez heureux, le monde l’est. Soyez inquiets, il l’est aussi. Nous y combattons sans cesse nos reflets et nous mourons dans l’affrontement. Que ces miroirs vous aident à comprendre ceci : dans chaque être et chaque instant, heureux, facile ou difficile, nous ne voyons ni les gens ni le monde, mais notre seule image.
Voyez cela et toute peur, tout refus, tout combat vous abandonneront.
tout comme le miroir Le silence est le plus précieux, le plus beau des livres
car il donne un enseignement direct.
Je te parle du silence sacré qui émane de la profondeur de ton être.
C'est ainsi qu'en regardant dans les yeux de l'autre,
en silence, tu as réalisé ta profondeur.
 
 N'est-ce pas magnifique ? 

Alborix
Photo de la Galerie des Miroirs
Palais Royal de Gênes

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Magnifique, le silence des profondeurs, qui tient à distance du brouhaha des tornades intérieures, grand et sans limites comme est le désert pour le nomade; c'est là que l'on découvre l'Autre, le Soi, Celui qui est sans nom qui puisse franchir les lèvres humaines, que d'aucuns appellent Dieu ou bien d'autres noms encore, l'insaisissable Visage au terme de nos humains - trop humains - périples.

Siham a dit…

Merci "Anonyme" pour ce magnifique partage.